image du film.DANS LES PAS DE "CASQUE D'OR" À BELLEVILLE (CARNET FILMÉ : 13 mai 2024)

Année : 2024. Durée : 51'

Fiche technique :
Réalisation, concept, image, son, montage : Gérard Courant.
Interprétation : Francis Cournet, Gérard Courant, Alain Paucard, Gérard Pussey.
Production : La Fondation Gérard Courant, Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique, Le Club des Ronchons.
Tournage : 13 mai 2024 à Paris (France).
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Format de tournage : Vidéo HD.
Caméra : Eagle 4K.
Cadre : 16/9.
Procédé : Couleur.
Collection publique : BnF (Bibliothèque nationale de France), Paris.
Langue : Française.
Dédicace : Le film est dédié à Jacques Becker.

Présentation >>>

Dans les pas de "Casque d'or" à Belleville est un épisode des Carnets filmés de Gérard Courant réalisé le 13 mai 2024 dans le quartier de Belleville, situé dans le 20e arrondissement de Paris (France).

Le cinéaste a filmé ce parcours dans ce quartier historique de la capitale, ancien village et ancien quartier ouvrier, en compagnie de l'écrivain Alain Paucard, qui en dessiné l'itinéraire et qui est l'auteur de nombreux ouvrages sur Paris, auxquels se sont joints l'écrivain Gérard Pussey et le saxophoniste Francis Cournet.

Le film visite certains lieux de tournages de Casque d'or, le chef-d'œuvre que Jacques Becker a filmé à l'automne 1951, auquel le film est dédié, de Rue des Cascades (appelé aussi Un gosse de la butte) de Maurice Delbez sorti en 1964 et de bien d'autres films encore.

En ce qui concerne Casque d'or, le film montre notamment l'entrée et le mur qui cache le jardinet et la maison de Leca (interprété par Claude Dauphin) au 44 rue des Cascades et l'emplacement de l'atelier de Manda (interprété par Serge Reggiani) et la première rencontre de ce dernier dans Paris avec Casque d'or (interprétée par Simone Signoret) dans ce qui est devenu, depuis 1988, le Parc de Belleville et qui, en 1951, était un terrain vague avec, au fond, très reconnaissables, la Villa Faucheur, les rues des Envierges et du Transvaal.

Nous découvrons également le café tenu par Hélène (interprétée par Madeleine Robinson), lieu principal de l'action d'Un gosse de la butte au numéro 42 bis de la rue des Cascades ainsi que le Regard Saint-Martin, au numéro 42 de la même rue.

Le film s'attarde rue Piat à l'emplacement exact où se trouvait le haut de la rue Vilin (détruite par étapes entre 1970 et 1982, puis absorbée et intégrée dans le Parc de Belleville) avec l'une des plus belles vues de Paris et son célèbre escalier d'une cinquantaine de marches immortalisé par les photographes Robert Doisneau et Willy Ronis, les cinéastes René Guissart (Ménilmontant, 1936), Julien Duvivier (Sous le ciel de Paris, 1951), Anatole Litvak (Un acte d'amour, 1953), Jules Dassin (Du rififi chez les hommes, 1955) Albert Lamorisse (Le Ballon rouge, 1956), Pierre Chenal (Les Jeux dangereux, 1958) Gene Kelly (Gigot, le clochard de Belleville, 1962), Bernard Borderie (Brigade antigangs, 1966) ou Bernard Queysanne (Un homme qui dort, 1974, d'après le roman de Georges Perec qui y vécut au n°1, puis au n°24, entre 1936 et 1941) et le téléaste Pierre Desfons (La Lucarne magique, 1971).

Par ailleurs, cette promenade emprunte des voies étroites non accessibles aux véhicules automobiles (les cités Leroy et de l'Ermitage, la rue Fernand Raynaud, le passage Plantin, la villa Faucheur), derniers vestiges de ce que fut le quartier de Belleville jusqu'aux années 1960 et 1970 et ses nombreuses ruelles labyrinthiques qui, par leur côté village, leur aspect sauvage, louche et inquiétant, furent tant chantées par les poètes...

Le film – en creux – ne peut pas éviter de montrer le désordre architectural cher à nos villes d'aujourd'hui et il n'échappe pas non plus à une pollution visuelle insistante avec ses très nombreux tags, graffitis, affiches (déchirées ou intactes) qui parsèment et salissent ce parcours nostalgique.

Critique >>>

BELLEVILLE N'EST PLUS QU'IL ÉTAIT

Il faut que je revoie Casque d’Or à la lumière de ce parcours (fatigant ?) que tu as filmé. Je n’ai rien reconnu, il faudrait aussi que j’aille m’y promener… et que je relise Perec aussi !

Les tags, les graffitis… empêchent, perturbent la poésie qu’on imagine autrefois. « Désordre architectural » dit Alain Paucard. (Il ressemble un peu à Claude Dauphin ?)

La déambulation nostalgique de tes acolytes est émouvante car tellement « dramatique ». Trop de fatigue, trop de désillusion, trop de soupirs…

Belleville n’est plus ce qu’il était. Des rideaux fermés, des vitrines condamnées, des murs peinturlurés, des poubelles… Reste la verdure au détour d’un passage d’un escalier, un coin de campagne.

Tes images « incurvées » sont très belles. Hommage à la rue Lecourbe ?

(Noëlle Roth, 28 mai 2024)



TRÈS BEAU FILM

Sous l’œil de Gérard Courant, le faubourg prend du charme, du mystère. L'aspect bombé de tout ce qu’on voit. Quatre hommes errants et, sur les quatre, aucun de chauve ! Paucard magistral en ouvreuse à chapeau. Pussey ferait bien une petite halte pour boire un coup et manger un morceau, mais il n’y aura droit qu’à la fin. Tout au long de la balade on sent la catastrophe à venir. C’est magnifique. Le tag règne. Le seul vrai citadin d’aujourd’hui, l’indigène majeur, l’autochtone de souche, le contemporain capital, c’est la poubelle. Omniprésente, pleine ou vide, elle peuple les rues. On ne voit plus qu’elle, colonisatrice, actrice vedette, star du Grand Remplacement. À part elle, qui ne bouge pas, plus rien à voir que des vieilles dames qui bougent à pied. Très beau film. Le casque dort. Belleville est un endroit parfait pour faire une œuvre. Sentiment général d’abandon, très inspirant. Un tiers monde divisé par quatre. Merci les Mousquetaires. Bravo le cinéaste. Toutes mes amitiés.

(Boris Moissard, 20 août 2024)



PATROUILLE PERDUE

Le commentaire de Noëlle Roth est vraiment déjà quelque chose de très bien, de très juste. Il y a des gens qui savent voir et qui ressentent. "Déambulation nostalgique" est la qualification parfaite. Mais il y a aussi un côté patrouille perdue, soldats sacrifiés. Un peu le film Predator, avec Paucard en Schwartznegger. L’ennemi est invisible, mais bien là, et qui guette.

(Boris Moissard, 21 août 2024)


 


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