JACQUES ROBIOLLES.

Cinéma n° 262, spécial Dictionnaire du cinéma français des années 70, octobre 1980.

La légende dit que Jacques Robiolles est né dans une roulotte. Est-ce une légende ou est-ce la réalité ? Peu importe, quand on connaît son cinéma, la légende ne doit pas être très loin de la vérité. En revanche, ce dont on est sûr, c’est que son père faisait du cinéma forain et que le jeune Robiolles débuta dans le monde du cinéma comme acteur (dans les films de Truffaut, Pollet, Chabrol, Schlessinger, Godard, Garrel) avant de se consacrer, à partir de la fin des années 1960, à la réalisation de ses propres films. Dès 1968, Henri Langlois s’intéressa à ce poète du cinéma et à son premier long métrage, Le Dagmaluakh dont le père de la Cinémathèque fit quasiment office de producteur en payant tous les frais de laboratoire. Les Yeux de maman sont des étoiles, fulgurant poème à la gloire du cinéma des origines, est doublement primé au festival de Toulon 1971 (prix spécial du jury et prix 20 ans) et Le Jardin des Hespérides, dédié à Henri Langlois, est montré au festival de Cannes 1975. Esprit d’une grande liberté, « analphabète du cinéma » comme il se proclame, poète, marginal des contraintes parisianistes, Jacques Robiolles est un cinéaste mal adapté aux structures trop bureaucratiques du cinéma français. Pourtant, en 1977, il reçoit l’avance sur recette pour La Communion privée, mais un producteur escroc lui extorque l’aide du C.N.C. et l’empêche de tourner un film prometteur dont nous avions vu, aux rencontres de Digne, les premiers rushes, filmés avant ce hold up. Depuis, l’un des cinéastes les plus originaux et les plus délirants du cinéma français est au chômage. Et c’est bien triste.

Gérard Courant.

 


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