CINÉMATON de GÉRARD COURANT.

Catalogue de la Coopérative des Cinéastes, octobre 1978.

ATTENTION : Cinématon est le fragment d’un film de 24 heures. Divisé en séries de 10 portraits d’amis ou de connaissances (filmés en continuité pendant 3 minutes chacun).

Chaque série dure donc 30 minutes. Le film terminé comprendra 480 portraits. Pour l’instant, j’ai tourné trois séries et demie.

Ce film donne la possibilité au public de regarder, pendant trois minutes, un cinéaste ou un critique (qui représentent la majorité des sujets filmés), de les scruter à foison, de découvrir ainsi (un peu) l’envers d’un masque. Chaque sujet se met en scène lui-même. Seul conseil : regarder la caméra.

Titre en référence à photomaton, Cinématon est un film mal filmé, mal cadré, mal éclairé (ou pas du tout), à l’image au grain épais, mis en scène de manière très sommaire. De la sorte, Cinématon met en avant une esthétique de la pauvreté. Comme les photomatons, l’essentiel est de reproduire une image sans rechercher à embellir, à améliorer le sujet filmé.

L’important, ici, c’est le résidu d’action (je n’oserais dire de récit) que l’écran nous renvoie. Ce sont ces « moments de rien » (le mouvement d’un cil, un très léger sourire, une mimique à peine perceptible) qui, occultés ailleurs, dans le cinéma, triomphent, ici, amplifiés par l’absence de fiction.

Pourquoi filmer seulement les visages ? C’est là où ces « moments de rien » sont les plus perceptibles, où le rapport entre la caméra et le sujet filmé est le plus fort.

 


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