LES RICHES ANNÉES 1970 DANS LE CINÉMA EXPÉRIMENTAL FRANÇAIS

1895, n°43, juin 2004

Ce texte a été rédigé en réponse aux propos de la cinéaste Rose Lowder, qui affirmait dans le n° 41 de la revue 1895 (octobre 2003) que dans les années 1970 “ par rapport à ce dynamisme [celui des pays étrangers, ndlr], la situation du cinéma expérimental restait affligeante. Il n'y avait aucune (sic) organisation de distribution solidement implantée, presque aucun lieu permanent de programmation. Parmi les cinéphiles, beaucoup ne juraient – comme les revues de cinéma – que par le film d'auteur. Personne ou presque ne connaissait ni n'appréciait cette pratique cinématographique non conventionnelle, si bien qu'il fallait faire des pieds et des mains pour organiser la moindre séance. ” (p. 125).

Cette étude factuelle vient démentir des propos erronés en fournissant au lecteur des précisions sur ce qui s’est réellement passé en France dans les années 1970 et les principaux protagonistes du cinéma expérimental : organismes de distribution, groupes et personnalités. Elle pose les jalons d'une histoire encore mal connue et malheureusement trop souvent occultée. Sans prétendre à l'exhaustivité, nous espérons que cet état des choses sera utile aux futurs chercheurs et historiens du cinéma qui se pencheront sur cette période faste et extrêmement productive, tant du point de vue théorique que pratique, du cinéma expérimental français. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Nota bene : Cet article a paru en anglais dans sa version originale dans la revue Studies in French Cinema, vol 4, no 3, pp. 165-174. Il a été également publié, avec des coupes, en guise de droit de réponse dans le numéro de 1895 n° 43, juin 2004. Nous en proposons, ici, la version intégrale. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Nous sommes un certain nombre d'acteurs de la scène expérimentale française des années 1970 (et d'aujourd'hui) à voir passer, régulièrement, depuis plus de vingt ans, dans divers recueils, revues et autres, des textes qui tendent à accréditer l'idée que dans les années 1970, du point de vue du cinéma expérimental, la France était un désert.

Nous n’avons pas réagi jusqu’à présent, mais le dernier texte de Rose Lowder Des archives du film expérimental, lieux de mémoire publié dans le numéro 41 (octobre 2003) de la revue 1895, pages 119 à 126, concernant justement ces années-là, nous oblige à rompre le silence.

Tenus dans une petite revue d’étudiants mal informés, des propos aussi extravagants n’auraient mérité de notre part qu’un haussement d’épaules. Mais ils le sont ici dans une revue qui se veut “ scientifique ” et par une personne qui se présente comme “ historienne ” et “ enseignante ” — double circonstance aggravante. D'autant plus qu’ils semblent cautionner certaines présentations grossièrement caricaturales des faits qui, par ignorance ou malveillance, circulent déjà abondamment dans les milieux du cinéma expérimental anglo-saxon.

Voici donc un simple récapitulatif, non exhaustif, de ce qui s’est réellement passé en France dans les années 1970 — ceci n’excluant nullement que nous adressions un droit de réponse à la revue éditrice du texte.

En est-on encore à devoir rappeler que la France est, avec l'Allemagne, un des berceaux de l'avant-garde cinématographique, particulièrement dans les années 1920 ? Qu’après la Seconde Guerre mondiale, dès 1950, les lettristes ont fait de nombreux films et les ont montrés, soit à la Cinémathèque française (qui accueillait tous les cinémas), soit dans quelques ciné-clubs généralistes mais ouverts ? Que la Biennale de Paris, fondée en 1959, et destinée à promouvoir l'œuvre des jeunes créateurs, a montré, avec plus ou moins de régularité, des films expérimentaux ? Et que dire du Service de la recherche de l'ex-ORTF qui a tant favorisé la création d'avant-garde sonore et visuelle ? Pour en arriver aux années 1960, le Festival de Tours, consacré au court-métrage, plus ouvert que ses homonymes actuels, propose des films de recherche. En 1965/66 a lieu le Festival du Film Libre d'Évian consacré aux films hors normes, poétiques et subversifs. Peu de temps après, est fondé à Bordeaux le Festival Sigma, dédié à l'expérimentation sous toutes ses formes. En 1965, surtout, naît à Hyères le Festival international du Jeune Cinéma qui va jouer un rôle capital dans les années 1970. Plus tard, il y aura le FUFU de Nancy ou Cinémarge à La Rochelle…

À Paris même, les projections spécialisées sont nombreuses à la Cinémathèque. Des hommages à l'avant-garde anglaise y ont lieu dès le début des années 1960 avec, entre autres, des films de Don Levy et de Jeff Keen. Les lettristes ont des séances régulières. En 1967, P. Adams Sitney propose à cette même Cinémathèque une très vaste rétrospective de films récents de l'avant-garde américaine rebaptisée par Henri Langlois, époque oblige, “ Avant-Garde pop et beatnik ”. Dominique Noguez, Raphaël Bassan et Marcel Mazé y trouvent l’occasion de se familiariser avec ce cinéma.

Maurice Lemaître fonde, en 1967, le café-cinéma Le Colbert et y projette des films expérimentaux. L'acteur warholien Piero Heliczer et le Yougoslave Antoine Perich organisent des séances régulières de films underground à l'American Center du boulevard Raspail. Christine Aubry, responsable de l'ARC au Musée d'Art moderne de Paris, passe de nombreux films expérimentaux. Dans sa galerie de la rue de Seine, elle présente des films comme œuvres d'art, à l’égal des tableaux. La Galerie Givaudan projette et vend dans le même esprit les films de Pierre Clémenti, de Martial Raysse, d'Étienne O'Leary.

D'autres projections ont lieu à l’École normale supérieure, à l'École d'architecture, à l'École de chimie de la rue du Banquier, organisées par des groupes éphémères. En 1969, a lieu une grande manifestation au Vieux Colombier en hommage à Artaud. Organisée par le directeur des éditions du Soleil noir, François Di Dio, et intitulée “ 36 heures de liberté de parole ”, elle donne à voir de nombreux films indépendants. À cette époque, Noël Burch cofonde l'IFC (Institut de formation cinématographique), une école privée où l'on donne, entre autres, des cours sur Kenneth Anger.

Une ombre demeure au tableau : à la fin des années 1960, la France, qui avait vu accueilli, suite au Congrès de La Sarraz (Suisse) en 1929, la première coopérative de ce genre dans l’histoire, n’a pas de coopérative de diffusion du cinéma expérimental. Ainsi, à la réunion des coopératives européennes de Munich en 1968, dont l’initiative revient au Zurichois Hans Helmut Klaus Schoenherr, elle n’est représentée que par des individus isolés, plasticiens pour la plupart.

Mais ce retard relatif est très largement comblé dans les années 1970.

Dès le 23 juin 1970, Marcel Mazé, passionné par des films qu'il a vus à la Cinémathèque française et au Festival international du Jeune Cinéma de Hyères, organise une projection au Studio du Val-de-Grâce. Il va continuer à l'Institut d'Art et d'archéologie, à la Faculté de Droit… Ces projections ont lieu sous la bannière du Collectif Jeune Cinéma. Quelques spectateurs deviennent ses amis et ses compagnons de route : Raphaël Bassan, Jean-Paul Cassagnac, Noël Burch, Luc Moullet, Marcel Hanoun… Après une réunion préparatoire au Festival d'Hyères 1971, et une autre à Paris, le Collectif Jeune Cinéma devient une coopérative sur le modèle de la Film-makers’ cooperative de New-York, cofondée par Jonas Mekas.

La coopérative Collectif Jeune Cinéma (CJC) est juridiquement créée le 5 juin 1971 au cours d'une Assemblée générale constituante de “ cent cinquante personnes environ dont une soixantaine de jeunes réalisateurs ” (dépêche AFP du 6 juin 1971 de la journaliste Guylaine Guidez). Immédiatement, le CJC bénéficie de séances quotidiennes à la salle l'Olympic de Frédéric Mitterrand (à 18 heures) et de quatre nuits blanches annuelles, qui attirent une foule considérable, certaines devant être doublées. Au milieu des années 1970, le Collectif Jeune Cinéma rassemble près de 150 réalisateurs français et étrangers.

Au sein du Festival de Hyères, fondé par Maurice Périsset, Marcel Mazé, en collaboration avec divers cinéastes et critiques, participe activement, de 1972 à 1983, au développement d'une section de “ cinéma différent ”. La notoriété de ce festival est mondiale et le public nombreux. Diverses générations de cinéastes expérimentaux — français et étrangers — passent par Hyères (on peut consulter la liste sur le site Internet : http://www.cineastes.net/cineastes.html). Tous les ans, les réactions critiques sont abondantes, signées Dominique Noguez, Gérard Courant, Raphaël Bassan, Elisabeth Ayala, Alain Alcide Sudre, mais aussi par une grande variété de journalistes de la presse locale et nationale.

En 1974, Claudine Eizykman, Guy Fihman, Giovanni Martedi, Pierre Rovère, Alain Bonnamy, Djourha Abouda, Ahmet Kut fondent la Paris Films Coop.; ils sont rapidement rejoints par Christian Lebrat, Jean-Michel Bouhours, Dominique Willoughby, etc. D’emblée, cette structure se fait remarquer par sa cohérence. Les films de ses adhérents se situent majoritairement dans la mouvance d’un courant poststructurel américain et installent une nouvelle radicalité dans le champ de l’expérimental français. Des membres de la Paris Film Coop. et des critiques comme Prosper Hillairet écrivent, de 1976 à 1979, dans la revue Melba, des textes importants. La Paris Films Coop. organise de nombreuses projections, notamment au MBXA à Paris, au Festival du film de La Rochelle en 1976, à Rennes, etc.

En 1976, Patrice Kirchhofer fonde, avec Gérard Courant et Martine Rousset, la Coopérative des Cinéastes, issue d’une scission du Collectif Jeune Cinéma. La Coopérative des cinéastes (groupant 40 réalisateurs) a successivement deux lieux réguliers de diffusion à Paris : le Palais des Arts (en 1977-1978) et la galerie de l'Ouvertür (de 1978 à 1980). À Avignon, en 1977 et 1978, la Coopérative des cinéastes projette tout son catalogue (une semaine complète de programmation en 1977). Pour organiser leur propre Festival off, Rose Lowder et Alain Alcide Sudre peuvent compter sur le soutien de structures solides, comme le CJC et la Coopérative des Cinéastes. (Voir L'Image en mouvement : 25 ans d'activité pour la défense du cinéma comme art visuel, par Alain Alcide Sudre et Rose Lowder, Archives du film expérimental d'Avignon, 2002).

On trouve aussi d'autres groupes très actifs : K.M.P, Les Morlocks, l'Omnium des cinéastes, la MétroBarbèsRochechou Art, Ciné suite action Super 8, K.O.C.K. Diffusion…

Le Collectif Jeune Cinéma continue ses programmations au Ciné-théâtre Dallery : de novembre 1974 à décembre 1975, tous les mercredis à 20 h 30 sélection de films Super 8, tous les jeudis, vendredis et samedis à 20 h 30 projection de films 16mm et spéciaux (avec notamment la première rétrospective Gregory Markopoulos que celui-ci, avec Robert Beavers, vient présenter chaque soir pendant une semaine, ou un spécial Jonas Mekas) ; puis une fois par semaine : à la Maison des Jeunes et de la Culture du VIe arrondissement place Saint Michel de janvier 1976 à mai 1977, au Palais des Arts boulevard de Sébastopol d'octobre 1977 à juin 1978 et à Confluence, près de la place Clichy d'octobre 1978 à octobre 1980.

La section Cinéma différent du Festival d'Hyères, le Collectif Jeune Cinéma et sa revue Cinéma différent tissent des liens solides avec d'autres festivals ou manifestations dédiés au cinéma différent et expérimental comme le Festival Universitaire de Nancy, Cinémarge à La Rochelle, le Festival du Film Abstrait de Montpellier, Knokke-le-Zoute, Osnabrück, Hambourg, le Forum du Festival de Berlin, Rotterdam...

En 1974, les films de Claudine Eizykman et Guy Fihman sont présentés au festival de Knokke-Le-Zoute. Deux ans plus tard, le groupe de la Paris Films Coop. publie son manifeste “ Parisfilmscooption ” dans le catalogue des 4èmes Rencontres Internationales d’Art Contemporain de La Rochelle.

Intéressé par les développements de cet autre cinéma, le Centre National de la Cinématographie organise des colloques où il invite régulièrement Marcel Mazé : il y a les “ Éloges du Cinéma ” 1 et 2 ; le premier en décembre 1970 à Bourges : “ Promotion de la Culture par le Film ”, le deuxième en juillet 1972 à la Maison de la Culture de Nevers consacré aux “ Jeunes cinémas et circuits parallèles ”.

En 1972, le Festival de Hyères — section Cinéma différent — et le Collectif Jeune Cinéma organisent contre la censure, au Centre Culturel Américain du boulevard Raspail, à Paris, la projection d'un film interdit : Un Chant d'Amour de Jean Genet, précédé d'un film expérimental américain, The Flicker de Tony Conrad. L'affluence est telle qu'il est nécessaire, là encore, de doubler la séance.

Jamais la vie du cinéma expérimental n’est aussi riche qu'en ces années-là, où Dominique Noguez écrit sur le sujet des livres de référence (Le Cinéma, autrement, en 1977; Éloge du cinéma expérimental en 1979 : tous deux réédités depuis, le premier par les Éditions du Cerf, le second par Paris Expérimental), tout en tenant une rubrique dans le mensuel L'Art Vivant, revue très lue à l'époque, et en s’exprimant dans divers journaux ou revues et par des conférences à l’étranger. Il est aussi à l’origine d’un enseignement du cinéma expérimental à l’UER d’Arts plastiques & sciences de l’Art de l’université de Paris I (à Saint-Charles), qui va contribuer à l'éclosion de la vocation de nombreux cinéastes, et, à partir de janvier 1977, du Ciné-Club de Saint-Charles qui se consacrera très vite exclusivement au cinéma expérimental et présentera en première les nouvelles œuvres de maints cinéastes travaillant à Paris ou ailleurs (notamment au Japon).

À l’université de Paris VIII-Vincennes, les cours de Claudine Eizykman et Guy Fihman sont très fréquentés. En 1976, Claudine Eizykman publie La Jouissance-cinéma (éditions 10/18), livre qui aura une certaine influence sur toute une génération de jeunes cinéastes et critiques.

Le Collectif Jeune Cinéma, la Paris Films Coop., la Coopérative des cinéastes assurent des centaines de locations des films des cinéastes inscrits dans leurs catalogues, non seulement en France, mais aussi dans le reste du monde. Avec d'autres groupes ou bien avec des individus passionnés, sans oublier la cellule de cinéma du Musée d’Art moderne au Centre Georges Pompidou — préfigurée, dès 1974, par les séances du CNAC, rue Berryer, organisées par Alain Sayag et Gisèle Breteau — ils organisent, quasi quotidiennement, à Paris, des projections qui alimentent autant les champs d'investigation des critiques et des théoriciens que des enseignants. Par ailleurs, des salles d'art et essai comme Le Gît-le-Cœur, La Pagode, Le Marais, programment souvent des films expérimentaux ou underground. À tel point que Pascale Dauman fonde, en 1973, le Studio Christine destiné à projeter, exclusivement, des films d'avant-garde.

En 1976, c’est au CNAC de la rue Berryer et à la Cinémathèque française qu’est présentée la rétrospective Une Histoire du Cinéma, conçue par Peter Kubelka, qui intègre dans sa programmation internationale des films de cinéastes français contemporains. Devant le succès obtenu, la programmation est reprise intégralement l’année suivante au Centre Pompidou à peine inauguré. Dans l’important catalogue qui accompagne la manifestation écrivent Dominique Noguez, Claudine Eizykman, Guy Fihman et Marcel Mazé, aux côtés d’Annette Michelson ou P. Adams Sitney.

Raphaël Bassan écrit, alors, régulièrement, des textes sur le cinéma expérimental dans des revues de cinéma (Écran et La Revue du cinéma), ainsi que dans la revue d’arts plastiques Canal. Efforts qui aboutissent à l'édition du numéro 10-11 (1980) de la revue CinémAction sur les “ Cinémas d'avant-gardes (expérimental et militant) ”, coordonné par lui et par Guy Hennebelle.

Dans les revues “ officielles ” de cinéma, on ne connaît, alors, que l'avant-garde des années 20 : il faut les efforts surhumains de Dominique Noguez, Raphaël Bassan, Gérard Courant pour y faire paraître des textes sur Teo Hernandez, Joseph Morder, Stéphane Marti, Maria Klonaris et Katerina Thomadaki, Jean-Paul Dupuis et beaucoup d'autres, alors jeunes créateurs de 25/30 ans et pour susciter, parmi les critiques “ traditionnels ”, des émules comme Jacques Grant ou Marcel Martin...

Noguez écrit de très nombreux textes qui sont pris en considération et lui valent des invitations à la télévision. Alain Pacadis ou Élisabeth Ayala écrivent beaucoup sur le cinéma expérimental dans Libération, avant que Bassan ne s'en charge. Et pendant ce temps-là, Lemaître et les lettristes, Hanoun et d’autres "anciens" continuent à produire et à montrer leurs films. Sans cet humus favorable, Lowder et Sudre n'auraient pu créer leur propre structure, les AFEA.

Effet de cette vitalité, le CNC, sous la responsabilité de Jack Gajos, organise des réunions globales avec tous les acteurs de la scène expérimentale (dont Rose Lowder) à Paris, Avignon et Lyon. En 1978 est créé l'ACIDE (Association du Cinéma Indépendant, Différent et Expérimental) qui fédère, pendant un court laps de temps, de nombreux représentants de diverses coopératives.

C'est tout cela que Rose Lowder appelle rien !

Témoins de cette période florissante, de nombreux textes sont publiés plus tard par Christian Lebrat dans ses collections de Paris Expérimental — seule maison d'édition spécialisée dans le cinéma expérimental : réédition de livres de Dominique Noguez, édition en français d'ouvrages fondamentaux de Jonas Mekas, de P. Adams Sitney et de beaucoup d’autres... Rose Lowder ne cite aucun de ces livres. Elle ne fait état, dans son texte, que de Jeune, dure et pure ! et de publications essentiellement institutionnelles (Beaubourg surtout et son propre livre pour les années 1990 et 2000, page 124). Par parenthèse, celui qui parcourt Jeune, dure et pure ! (codirigé par Nicole Brenez et Christian Lebrat) peut y lire plusieurs centaines de pages sur l'expérimental français des années 1970 !

Alors, peut-on dire qu’il ne s'est rien passé en France dans l'histoire du cinéma expérimental au cours des années 1970 ? Certes, si l’histoire de cette période en France reste encore à écrire de manière globale, elle est cependant déjà fortement balisée et personne ne peut prétendre ne pas la connaître : tout ce qui vient d’être rappelé se trouve déjà décrit dans maintes publications disponibles.

Éditeurs, responsables de revues, regardez-y donc à deux fois si l’on vous propose de telles "analyses". Elles sont erronées et risquent fort de discréditer pour longtemps les revues qui les publieront !

Raphaël Bassan, Gérard Courant, Christian Lebrat, Dominique Noguez, 1895, n°43, juin 2004

Références

Bassan, Raphaël, Hennebelle, Guy (dir.) (1980), CinémAction, 10-11, « Cinémas d’avant-garde - expérimental et militant », Paris: Papyrus Éditions.

Brenez, Nicole et Lebrat, Christian (dir.) (2001), Jeune, dure et pure ! Une histoire du cinéma d’avant-garde et expérimental en France, Paris and Milan: Cinémathèque française/Mazzotta.

Eizykman, Claudine (1976), La Jouissance-cinéma, Paris: Éditions 10/18. Lowder, Rose (2003), Des archives du film expérimental, lieux de mémoire, 1895, 41, pp. 119-26.

Noguez, Dominique (1977, Le Cinéma, autrement, Paris: Éditions 10/18; nouvelle édition, Paris: Éditions du Cerf (1987).

Noguez, Dominique (1979 [1999]), Éloge du cinéma expérimental : définitions, jalons, perspectives, Paris: Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou; nouvelle édition, Paris Expérimental, 1999.

Sudre, Alain Alcide, and Lowder, Rose (dir.) (2002), L’Image en mouvement: 25 ans d’activité pour la défense du cinéma comme art visuel, Archives du film expérimental d’Avignon, Avignon.

 


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