MAGDALENA MONTEZUMA.

Les Soleils d’Infernalia, n° 13, mars 1977.

J’ai donc mis mes lunettes noires
Celles dont le silence fait si peur
Et j’ai assisté au spectacle
Hallucinante Magdalena
Livide Magdalena
La pureté avec ses roses éclabousse l’écran
Une révolte déchirée, arrachée, déchiquetée
Le plaisir est blessé
Mystérieux, secret
De tes yeux de velours noir
S’échappent des sanglots technicolor
Tes larmes précieuses sur la scène
Deviennent des eaux gelées
Où deux femmes jouent
Au jeu
De la vie et de la mort
Déguisée, affamée, tu longes
Un précipice authentique où sèche une brume tenace
Carrefour délicieux du doute
Dame du lac
Derrière toi des montagnes peintes t’attendent
Devant toi des eaux dormantes
Des ombres harassées se perdent
Dans un cauchemar cruel et serein
Noué, distors, desséché
Enfonce tes bottes dans la neige moelleuse et tendre
La nuit est blanche
La nuit gît
Des flocons d’étoiles flottent
Et viennent te caresser duveteux
Un jet de lumière noir
Évoque en toi une paralysie mortelle
Deux silhouettes en tenue de soirée
S’effritent, brisées par une bise vengeresse

 


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