image du film.TEO HERNANDEZ SUR RADIO ARK EN CIEL (CARNET FILMÉ : 20 JUILLET 1982)

Année : 1982. Durée : 59'

Fiche technique :
Réalisation, concept, image, son, effets spéciaux : Gérard Courant.
Voix : Gérard Courant, Teo Hernandez.
Musique : Richard Strauss, musiques traditionnelles indiennes et turque.
Production : Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique, La Fondation Gérard Courant.
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Enregistrement : 20 juillet 1982 à Paris (France).
Format de tournage : Super 8.
Format de diffusion : Vidéo.
Pellicule : Kodachrome.
Cadre : 4/3.
Procédé : Couleur.
Collection publique :
BNF (Bibliothèque Nationale de France), Paris (France).
Cinémathèque de Bourgogne-Jean Douchet, Dijon (France).
Sortie DVD : Décembre 2016, éditions L'Harmattan Paris (France).
Dédicace : Le film est dédié à Emilio Fernández.

Présentation >>>

En juin et juillet 1982, Gérard Courant a animé et produit Radiomaton, six émissions de cinéma sur la station Radio Ark en Ciel, à Paris. Il a consacré celle du 20 juillet 1982 au cinéaste mexicain, vivant en France, Teo Hernandez.

Teo Hernandez sur Radio Ark en Ciel est la captation sonore de cette rencontre que Gérard Courant a ensuite illustrée de photos, affiches, collages, programmes, invitations à des projections des films de Teo Hernandez.

L’auteur de Corps aboli parle de son enfance au Mexique dans les années 1940 et 1950, du cinéma mexicain, de Luis Buñuel et Emilio Fernández, de ses débuts cinématographiques à Mexico, en 1960, sous l’égide de l’Institut Français et de son premier film inachevé consacré à la visite d’André Malraux dans la capitale du Mexique.

Il s’arrête sur les films de sa première période, tournés à Londres et au Maroc dans les années 1968 et 1970 : 14, Bina Gardens (1968), Un film provocado por... (1969), Michel Là-bas (1970) puis il raconte son retour au cinéma et sa vie à Paris à partir de 1976 et les films qui ont fait sa renommée : Salomé (1976), Cristo (1977), Esmeralda (1978), Cristaux (1978), Maya (1979), Lacrima Christi (1980), Graal (1980).

Il parle aussi des films qu’il aime : les films de cape et d’épée et les films d’aventure américains des années 1940 et 1950 et d’Ava Gardner, sa star préférée,

À la fois secret et généreux, auteur d’une centaine de films, Teo Hernandez (décédé en 1992) fut l’une des figures majeures du cinéma de poésie des années 1970 et 1980.

Critique >>>

CONNAISSEZ-VOUS TEO HERNANDEZ ?

Teo Hernandez (1939-1992) est sans doute un nom totalement inconnu pour la plupart d’entre vous. J’avoue que si je n’avais pas, un jour, vu les Cinématons tournés par Courant, je n’aurais sans doute jamais entendu parler de cette figure majeure du cinéma underground français dont l’œuvre a été essentiellement tournée en Super 8 et en 16mm.

Gérard Courant fut l’un de ses proches de la fin des années 70 au milieu des années 80 et il a enregistré trois conversations avec lui entre 1979 et 1982, trois Carnets filmés que l’on retrouve sur ces deux DVD.

(...) Teo Hernandez sur Radio Ark en ciel nous propose l’enregistrement intégral (musique récréative comprise) d’une émission de radio animée par Gérard Courant en 1982. Pour le coup, le dialogue sonne parfois un peu comme une redite puisque Hernandez évoque son enfance cinéphile et il est encore question de la culture mexicaine.

(...) Ces Carnets prouvent une fois de plus l’inestimable richesse des archives de Courant, qui enrichit chacun de ses films par de précieux documents : lettres, programmes de festivals, photos... Que Teo Hernandez soit presque totalement inconnu sauf dans le milieu du cinéma d’avant-garde, c’est un fait. Mais entendre sa voix d’outre-tombe et des cinéastes cinéphiles (Courant, qui l’a défendu dans des revues comme Cinéma 80, mais aussi Morder) enthousiastes donne une furieuse envie de découvrir son œuvre. D’autre part, les films sont parsemés de pistes de réflexion passionnantes, qu’il s’agisse de l’évolution du cinéma à grand spectacle (avec une focalisation sur Apocalypse Now que plus personne ou presque ne songerait à dénigrer aujourd’hui) ou de l’accueil critique du cinéma d’avant-garde (avec quelques piques visant Michel Ciment assez savoureuses puisqu’elles corroborent la thèse d’Edouard Sivière sur la crispation du « pape » de la critique sur une défense infaillible de quelques auteurs « canonisés » et académiques).

De ce point de vue, Teo Hernandez à Paris est peut-être le film le plus passionnant puisqu’il est déjà « rétrospectif » et qu’il se concentre sur les souvenirs de Gérard Courant (qui a une mémoire d’éléphant !). Et c’est un grand plaisir de l’entendre parler d’une époque où l’on estimait que le Super 8 était une sorte d’aboutissement logique de la « caméra-stylo » chère à Astruc. Hernandez prétendait d’ailleurs qu’un cinéaste qui n’aurait pas tenu sa caméra serait un peu comme un peintre ne tenant pas son pinceau ! Entre festivals, solidarités entre cinéastes et désir d’inventer un nouveau langage cinématographique, cette évocation est particulièrement intéressante.

On espère qu’un jour, en plus de son fabuleux « journal filmé », Courant aura l’envie de coucher tous ses souvenirs sur papier. Ça serait, à n’en point douter, absolument passionnant.

(Docteur Orlof, Le Journal cinéma du Dr Orlof, 19 mars 2017)



SOUVENIRS

j’ai trouvé sur le blog du Dr Orlof :

« On espère qu’un jour, en plus de son fabuleux « journal filmé », Courant aura l’envie de coucher tous ses souvenirs sur papier. Ça serait, à n’en point douter, absolument passionnant ».

Je ne suis pas d’accord ! … tu filmes, c’est ton écriture !

(Noëlle Roth, 23 mars 2017)

 


gerardcourant.com © 2007 – 2017 Gérard Courant. Tous droits réservés.