image du film.VARUNA (1ère partie de la Tétralogie LES CHEMINS CINÉTIQUES)

Année : 2011. Durée : 1 H 05'

Fiche technique :
Réalisation, scénario, image, montage, effets spéciaux : Gérard Courant.
Musique : Steve Reich, Philip Glass, Santana, Tomaso Albinoni, Ottorino Respighi, Antonio Vivaldi.
Production : Les Amis de Cinématon, La Fondation Gérard Courant.
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Fabrication : Septembre 2011 à Montreuil-sous-Bois (France).
Format : Vidéo.
Cadre : 4/3.
Procédé : Couleur.
Collections publiques :
-BNF (Bibliothèque nationale de France), Paris (France).
-Cinémathèque de Bourgogne-Jean Douchet, Dijon (France).
Première diffusion publique : 3 octobre 2012, Site YouTube.
Principaux lieux de diffusion :
-Site YouTube, 2012.
-Séminaire Gérard Courant, Samawa (Irak), 2015.
Dédicace : Le film est dédié à Martine Elzingre.

Présentation >>>

À la fin de 1979 et au début de 1980, avec mon modèle Martine Elzingre, j’ai tourné Aditya, un film qui connut un certain succès d’estime. Il fut sélectionné dans des sections parallèles aux festivals de Berlin, Cannes et Locarno et fut même primé au festival Cinéma en marge à Paris.

Aditya était un ciné-poème à la gloire de la Femme et de la Lumière. Tout le film était pensé, conçu et mis en scène à partir de la lumière du soleil.

Près d’un tiers de siècle plus tard, j’ai réalisé non pas une suite à Aditya, mais plutôt une variation ou, pour être plus précis, une transposition de mon film de 1980 : c’est Varuna, terminé en 2011.

Grâce aux nouvelles possibilités offertes par le numérique, j’ai transformé les formes réalistes d’Aditya en formes abstraites et géométriques tout en respectant le rythme et la durée de chaque séquence et de chaque plan du film original.

Ce qui était réaliste – ou hyperréaliste – dans Aditya (un personnage féminin prisonnier dans un univers en démolition et en décomposition) est devenu abstrait dans Varuna. Il n’y a plus de personnage et il n’y a plus de ville : il y a seulement des couleurs et des formes abstraites qui se font et se défont perpétuellement au rythme des musiques d’Aditya dont la bande-sonore a été entièrement reprise, à la note près, dans Varuna.

Au final, Varuna est avant tout une expérience visuelle et psychique alors que Aditya, poème épique sur la Femme, était essentiellement une expérience sensuelle et mentale.

(Gérard Courant)

Critique >>>

LE DIEU AUX MILLE YEUX

J’ai regardé Varuna le bien nommé : le dieu aux mille yeux... Merci beaucoup pour ton hommage dédicacé de Varuna, je suis très honorée. Ce film me plaît. C’est très fort cet ajustage des variations qui rend chaque medium capital dans le film. Et exhale l’inconnu du film Aditya. J’étais une fan de l‘art cinétique, Agam, Vasarely, etc... et j’étais présente avant 1968 et après à la galerie Denise René, et puis au Musée d’Art Moderne. Je verrais bien Varuna dans les collections de ce musée ou au Palais de Tokyo ou au Centre Pompidou. J’ai hâte de voir Varuna sur grand écran dans une salle.

(Martine Elzingre, 6 octobre 2012)



ART CINÉTIQUE

Gérard Courant tourne au début de l’année 1980 Adiya. Ciné-poème à la gloire de la Femme de la Lumière, le film est pensé, conçu à partir de la lumière. Le cinéaste transpose en 2011, son ciné-poème en une variation qu’il nomme Varuna. Grâce aux nouvelles possibilités offertes par le numérique, le cinéaste a pu transformer les formes réalistes d’Aditya en formes abstraites et géométriques. Le rythme et la durée de chaque séquence, de chaque plan est respecté. Il n’y a plus de personnage, plus de paysage, il n’y a que des couleurs et des formes abstraites qui se font et se défont sans cesse. Avant tout une expérience visuelle, Varuna pousse à son paroxysme la plasticité du cinéma de Gérard Courant. Il est évident que dans ce ciné-plastique il faut y voir une reprise de l’art cinétique. L’art cinétique et optique est un courant artistique fondé sur l’esthétique du mouvement. Mais l’art cinétique est également fondé sur les illusions d’optique, sur l’impossibilité de notre œil à accommoder simultanément le regard aux surfaces colorées, violement contractées. Les premières tentatives d’art cinétique sont perceptibles dès les années 1910 avec certaines des œuvres de Marcel Duchamp. Dans la première partie de La Prisonnière de Clouzot, le cinéaste s’écarte de ses mises en scène précises et sobres pour s’abandonner pleinement dans son époque en proposant des images colorées et saturées. Comme le fait Gérard Courant avec Varuna.

Une nouvelle fois, nous voyons s’opérer des échos entre cinéma et arts plastiques. Cette relation parfois ambiguë constitue un vaste champ d’études.

Dans l’ouvrage collectif, Arts plastiques et cinéma, dirigé par Sébastien Denis on appréhende les possibilités de retrouver dans le cinéma un geste politique fort, comme les arts plastiques ont su parfois le faire. Maintenant l’idée selon laquelle une communion s’opère entre les deux, il y a des échanges, des transmissions ainsi l’on retrouve chez l’un comme chez l’autre l’importance du mouvement, du temps, de l’expérimentation. Il faut semble-t-il ne pas chercher absolument des échos ou des emprunts des arts plastiques par le cinéma.

(Estelle Pajot, L’oeuvre filmée de Gérard Courant, Université de Bourgogne, UFR Sciences Humaines et Sociales, Département Histoire de l’Art et Archéologie, sous la direction d’Isabelle Marinone, 2014)


 


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