image du film.MONTAGNES ENDORMIES (CARNET FILMÉ : 1er janvier 1982 – 31 décembre 1982)

Année : 1982. Durée : 1 H 36'

Fiche technique :
Réalisation, concept, image, partition sonore, montage : Gérard Courant.
Production : Gérard Courant, Les Amis de Cinématon avec l’aide de Ciné Suite International (Yves-Marie Rollin).
Interprétation : Roland Lethem*, Mara Pigeon*, Doreen Canto, Kristin Kirkconnel, Marcel Hanoun, David Rabinowitch, Régis Audigier, Philippe Garrel*, Réka Gyöngyössy*, Bence Gyöngyössy*, Kätälin Petényi*. Les noms des interprètes accompagnés d’un « * » proviennent d’images extraites de leur Cinématon).
Tournage : Paris (France), Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne), Province du Québec (Canada), New York (États-Unis d’Amérique), les massifs du Jura (France), des Alpes (France) : col de la Charmette (France), col de la Placette (France), col du Cucheron (France), col de Romeyère (France), Port-Saint Gervais (France), Burzet (France), Marcigny (France).
Format de tournage : Super 8 mm.
Pellicule : Kodachrome, Agfacolor.
Format de diffusion : Vidéo.
Cadre : 1,33.
Procédé : Couleur.
Collection publique : BNF (Bibliothèque Nationale de France), Paris (France).
Première projection publique : 5 avril 1984, Galerie Donguy à Paris (France).
Principaux lieux de difffusion :
Galerie Donguy, Paris (France) 1984.
Gulf Film Festival, Dubaï (Émirats Arabes Unis) 2011.
Site YouTube, 2012.
Dédicace : Montagnes endormies est dédié à Philippe Garrel.

Présentation >>>

Montagnes endormies (1982) fait suite à Chemins intermédiaires (1981-1982) et précède Printemps météore (1983). On y retrouve les thèmes qui apparaissent dans les épisodes précédents : le goût des voyages (Berlin-Ouest, le Canada, New York), le plaisir des rencontres, l'amour du cinéma. On y trouve aussi cette fascination des montagnes préalpines (Chartreuse, Vercors) aux pieds desquelles j'ai vécu dans mon enfance et cette manière de les filmer comme des êtres humains.

(Gérard Courant)

Pell-mell: journeys, foothill landscapes, contemplative pleasure (satisfaction?) and his love for cinema.

(G. C.)

Critique >>>

Ce n'est pas seulement une volonté de mémoire ou d'archivage qui constitue le moteur de ces Carnets filmés. C'est la volonté de faire se "rejouer quelque chose". Quelque chose de l'enfance du monde, de son histoire et de ton histoire. La Passion à Burzet constitue d'ailleurs les séquences les plus marquées par ce "Quelque chose qui se rejoue". Un "Quelque chose" qui ressort par un Mystère (en l'occurence de la Passion) ou par un Noeud. Ceux-ci, pour être "dénoués ou déjoués" doivent être rejoués chez les hommes, sur leurs lieux de vie. Mais si ce mystère, cette hantise doivent être "rejoués", ce n'est jamais pareillement et c'est là tout leur intérêt (et sans doute l'intérêt de ton film sur Burzet constitué par la valeur d'infimes modifications), parce qu'ainsi ce mystère et cette hantise à force d'être repris perdent petit à petit de leur force et de leur incompréhension). La hantise une fois visible est donc réduite, voire conjurée, comme s'il fallait remâcher pour avaler avant d'en tirer une force supplémentaire (chaque hantise déjouée redonne à l'homme son équivalent d'énergie). Les différents épisodes de ta vie (projections, reportages, rencontres) sont donc mémorisés mais surtout "rejoués" différemment (à l'aide de photographies, d'affiches par exemple) pour pouvoir, plus tard te constituer. Ce n'est donc pas qu'un exercice d'archivage de la mémoire, cet un exercice de Reconstitution avant Constitution... Lentement mais sûrement les hommes et les femmes de Burzet ne rejoueront plus la Passion parce qu'ils en auront intégré le mystère et pourront à ce moment-là jouer leur propre vie alors qu'auparavant ils ne la rejouaient que dans une trace mystérieuse qui ne les constituaient pas encore pleinement... Ces Carnets filmés sont vraiment de cet ordre : rejouer l'événement pour en cerner le noeud, le mystère qui constitue le drame de la répétition, afin de réduire celle-ci et d'intégrer enfin l'événement en le dépassant... Ce sont donc bien des "Carnets de Revisitation"... En tous cas, c'est ma façon (certes un peu psychanalytique) de les regarder...

(Philippe Leclert, juin 2009)

 


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