image du film.MAURICE IZIER, COUREUR CYCLISTE PROFESSIONNEL DANS LES ANNÉES 1960 (CARNET FILMÉ : 3 juin 2006)

Année : 2006. Durée : 1 H

Fiche technique :
Réalisation, concept, image, son : Gérard Courant.
Interprétation : Gérard Courant, Dominique Fouraison, Maurice Izier, Patrick Leboutte.
Production : Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique, La Fondation Gérard Courant.
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Tournage : 3 juin 2006 à Valence (France).
Format : Vidéo Mini-DV.
Cadre : 4/3.
Procédé : Couleur.
Collection publique : BNF (Bibliothèque Nationale de France), Paris (France).
Première diffusion publique :
19 mars 2012, Site YouTube.
Principaux lieux de diffusion :
Site YouTube, 2012.

Présentation >>>

Maurice Izier, coureur cycliste professionnel dans les années 1960 est la captation d’un débat public au CRAC de Valence (Drôme) que Maurice Izier, un des rares cyclistes professionnels drômois (avec Charly Mottet et Bernard Vallet) a eu avec les spectateurs de la manifestation Territoire, regards croisés.

Cette rencontre cinématographique avec Maurice Izier, organisée par Patrick Leboutte et Béatrice Darnal, eut lieu lors d’une soirée « cinéma et vélo », animée par ce même Patrick Leboutte et Gérard Courant, où furent projetés Vive le Tour de Louis Malle, Vas-y Lapébie ! de Nicolas Philibert et Parpaillon de Luc Moullet.

Cette soirée fut l’occasion de passer en revue la carrière de Maurice Izier, originaire de Crest dans la Drôme, qui fut coureur cycliste professionnel entre 1966 et 1970. Il courut et termina 5 Tours de France d’affilé et remporta une victoire d’étape à Melun en 1968. En outre, il gagna la Ronde d’Auvergne en 1966 et fut vice-champion de France en 1969.

Pour cet équipier modèle (chez Pelforth Sauvage Lejeune puis chez De Gribaldy au service respectivement de champions hors-normes tels Jan Janssen et Joachim Agostinho), ce fut l’occasion de raconter ses relations avec ses adversaires ou équipiers Eddy Merckx, Jacques Anquetil, Jean Dumont ou Jean-Pierre Ducasse et ses directeurs sportifs, Maurice de Muer et Jean de Gribaldy.

Dans ce débat, Maurice Izier raconta également son expérience du Tour de France 1968 où, avec son ami Jean Dumont, il fut choisi par le docteur Maigre comme « cobaye » dans la lutte anti-dopage ce qui lui valut par la suite une inimitié tenace dans le Milieu cycliste.

Maurice Izier a eu la chance de courir avec une génération exceptionnelle de champions. Qu’on en juge : il côtoya son maître Jacques Anquetil et aussi Eddy Merckx, Jan Janssen, Felice Gimondi, Raymond Poulidor, Roger Pingeon, Lucien Aimar, Gianni Motta, Roger de Vlaeminck, Rik Van Looy, Walter Godefroot, Tom Simpson, Rik Van Steenbergen ou Rudi Altig.

Maurice Izier, coureur cycliste professionnel dans les années 1960 est un témoignage sur une période du cyclisme où ce sport était, pour peu de temps encore, le sport numéro 1 en France.

Critique >>>

DE L'IMPORTANCE DE LA PAROLE DE MAURICE IZIER ET DE GÉRARD COURANT

Comme je précisais dernièrement, de nombreux Carnets filmés de Gérard Courant sont postés régulièrement sur YouTube. Étant personnellement un amateur (certes fort modeste) de cyclisme, je me suis regardé trois de ses Carnets filmés portant sur le sujet. Gérard Courant est en effet un passionné de cyclisme (il aurait même tenté une carrière dans ce domaine), à l’instar de Luc Moullet dont je recommande le sympathique Parpaillon (une montée burlesque de cyclos d’un col et évoquant aussi la passion du vélo). Je guette la possibilité, bien entendu, de voir le film Chambéry – les Arcs, qui a été édité en DVD en 2011 : retour sur sa passion du vélo à l’occasion d’une étape du Tour de France où il y filme également des grands noms du cyclisme et d’autres passionnés tel que… le cinéaste Luc Moullet. En attendant, donc, j’ai visionné ces trois Carnets.

Carnet filmé à l’occasion d’une journée Territoire, regards croisés à Valence, dans la foulée de projection de films sur le vélo, et avant d’enchaîner sur Parpaillon. S’y trouve notamment, en plus de Maurice Izier du titre (perso je ne le connaissais pas!), Patrick Leboutte, grand critique de cinéma et passionné également de vélo ! Son introduction dans le présent film est tout à fait passionnante entre vélo et territoire, vélo et cinéma; il a d’ailleurs co-écrit un bouquin intitulé Cinégénie de la bicyclette “où l’on découvre comment les courses cyclistes enfantèrent le cinématographe pour redonner aux corps de la lumière : éloge“. Nous avons donc ici l’échange à trois (Courant/Leboutte/Izier) avec le public, après projection. La caméra, immobile, est axée sur Maurice Izier, avec ajouts au montage d’images, parfois en surimpression sur tout l’écran (je ne sais pas si c’est le terme exact, mais enfin… vous verrez), qui re-situent visuellement ce coureur et l’époque. Des images qui avec la parole comblent le vide audiovisuel (pas de suivi télévisé en direct alors…) : ainsi des extraits de journaux, etc se joignent aux récits, tel celui de la victoire d’Izier dans une étape du tour, où figuraient 4 cols, devant les plus grands, ce qui n’est pas rien ! À l’instar des propos d’Olivier Dazat du précédent épisode de 1996, des anecdotes sont excellentes, là où il n’y a pas l’omnipotence de la caméra qui à force de tout montrer ne montre plus rien; il y a vraiment cette importance de la parole autour du cyclisme qui dépasse le simple fait de course, et comment il peut donner lieu à des commentaires, des anecdotes, des interprétations… bref de l’imaginaire aussi chez le passionné (on remarquera dans ce Carnet, comme dans les autres autour du cyclisme comme Gérard Courant notamment amorce des anecdotes et du récit au quart de tour). Finalement le film, en se clôturant sur une archive de l’INA quant à la victoire d’Izier, brève, sans passion, anodine pourrait-on dire, un seul constat vaut : la passion s’est vécue dans la discussion, pas dans ces images finales sans vie; la parole au contraire a donné de la consistance à ces images. L’imaginaire autour du cyclisme, la passion qu’il draine (dans la pratique, dans le suivi de son histoire et de ses champions etc), sa vie partagée au-delà du traitement télévisuel, passé et présent, est aussi le sujet de ces Carnets filmés de Courant; c’est en tout cas l’impression que j’en ai.

Aujourd’hui inconnu (sauf des passionnés) et à l’époque dans l’ombre des grands, coéquipier à leur service, Izier a néanmoins donné de sa vie dans le vélo avec tout ce que ça implique (il a débuté à 14 ans!), et nous partage son vécu des années 60, une ère cycliste révolue aussi. Ça suffit pour lancer des discussions qui devraient intéresser les amoureux du vélo.

(Citylightscinema, 5 juillet 2012)



LE SEUL REGRET DE GÉRARD COURANT EST DE N'AVOIR PU COURIR LE TOUR DE FRANCE AUX CÔTÉS DE MAURICE IZIER

Vélodidacte appliqué et cinéaste protéiforme, né à Lyon en 1951, il invente en 1978 le principe des Cinématons, anthologie comportant aujourd’hui plus de 2000 autoportraits de personnalités des arts et du spectacle, tournés en gros-plans-séquences fixes et muets, réalisés en une seule prise dans laquelle chaque sujet est libre de faire ce qu’il lui plaît. Il est par ailleurs l’auteur de nombreux autres films, souvent animés du même esprit de série, de quelques essais sur le cinéma et de plusieurs livres de poésie. Son seul regret est de n’avoir pu courir le Tour de France aux côtés de Maurice Izier.

(Patrick Leboutte, catalogue Territoire, regards croisés, Valence (France), 2 au 10 juin 2006)



UN VRAI PETIT RÉGAL

Un vrai petit régal. Maurice Izier, coureur cycliste professionnel dans les années 1960, réalisé en 2006, où l’introduction du critique Patrick Leboutte est fort enthousiasmante.

(Laurent Kluger, site YouTube, 2016)


 


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