image du film.OLIVIER DAZAT OU L’AMOUR DU VÉLO (CARNET FILMÉ : 10 juillet 1996)

Année : 1996. Durée : 50'

Fiche technique :
Réalisation, concept, montage : Gérard Courant.
Image : Isabelle Fermon.
Son : Gérard Louis-Clément.
Interprétation : Gérard Courant, Olivier Dazat.
Production : Gérard Courant, Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique, La Fondation Gérard Courant.
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Tournage : 10 juillet 1996 à Paris (France) à 10 heures 45.
Format : Vidéo Beta.
Cadre : 16/9.
Procédé : Noir et blanc.
Collection publique : BNF (Bibliothèque Nationale de France), Paris (France).

Présentation >>>

Filmé sur le circuit cycliste de Longchamp à Paris, l’écrivain Olivier Dazat, auteur de livres à la gloire de la Petite Reine que sont Seigneurs et forçats du vélo (éditions Calmann-Lévy) et Panache (éditions Le Dilettante) livre, ici, sa pensée sur les champions Fausto Coppi, Hugo Koblet, Jacques Anquetil, Raymond Poulidor, Luis Ocaña et Eddy Merckx, auquel il voue pour ce dernier une admiration sans bornes.

Il parle aussi longuement des dérives du sport cycliste, de cette perte d’identité apparue dans les années 1980 et, pour les participants du Tour de France, qui se déroule au moment de cette rencontre, de l'humiliation qui leur a été faite avec l’annulation pour cause de chute de neige de la grande étape des Alpes avec les cols de l’Iseran et du Galibier.

Bref, comme le dit si bien Olivier Dazat, « Le cyclisme n’est pas un conte de fées pour endormir nos enfants mais bien une histoire pleine de bruits et de fureur. Les champions cyclistes n’appartiennent pas à notre monde. Leur énergie animale défie la raison. Ils ont la hargne, un courage obstiné, une force insoupçonnée. »

À l’encontre de tous les discours unanimistes dressant des bûchers à la hâte, Olivier Dazat est un esprit éclairé qui s’insurge contre l’hypocrisie des affaires de dopage et plaide pour la réhabilitation des coureurs et le droit à l'honneur et à l’admiration des champions.

Critique >>>

UN PASSIONNÉ DU VÉLO

Comme je précisais dernièrement, de nombreux Carnets filmés de Gérard Courant sont postés régulièrement sur YouTube. Étant personnellement un amateur (certes fort modeste) de cyclisme, je me suis regardé trois de ses Carnets filmés portant sur le sujet. Gérard Courant est en effet un passionné de cyclisme (il aurait même tenté une carrière dans ce domaine), à l’instar de Luc Moullet dont je recommande le sympathique Parpaillon (une montée burlesque de cyclos d’un col et évoquant aussi la passion du vélo). Je guette la possibilité, bien entendu, de voir le film Chambéry – les Arcs, qui a été édité en DVD en 2011 : retour sur sa passion du vélo à l’occasion d’une étape du Tour de France où il y filme également des grands noms du cyclisme et d’autres passionnés tel que… le cinéaste Luc Moullet. En attendant, donc, j’ai visionné ces trois Carnets : Olivier Dazat ou l’amour du vélo (1996, 50 minutes).

Un quasi monologue d’Oliver Dazat, avec tout de même des interventions du cinéaste qui n’est pas du tout à la ramasse et qui le maintient bien dans son flot passionné. Il a écrit des livres sur le cyclisme et il nous fait part ici de sa vision du vélo “des grands champions” et de sa passion (il lit des articles de courses hyper datés, se revoit des courses en VHS tout en s’attendant à une nouvelle issue !), d’anecdotes de courses assez dingues (une sombre histoire de complot d’une équipe/staff mené contre un coureur qui s’est fait ainsi jeté pour dopage, pour empêcher sa victoire), du traitement journalistique du cyclisme, du dopage, de l’ère moderne du cyclisme (et les casques des contre-la-montre, et les vélos modernes amenés par un record de l’heure…). Un réel plaisir d’une part que d’assister à ses élans, surtout quand il s’emporte avec des comparaisons qui dépassent le sportif terre-à-terre, pointant du doigt un cyclisme légendaire, mythique, où la part de l’imagination du public (du passionné) est palpable et vraiment jouissive. Il précise d’ailleurs avec beaucoup de pertinence à quel point “tout montrer c’est ne plus rien montrer”, en évoquant la médiatisation actuelle, regrettant presque le temps de la retransmission radio. Vers la demi heure, il se lance dans une envolée de 3-4 minutes tout à fait formidables : il en vient à la folie des grands champions, les comparant à Van Gogh et autres “artistes de haut niveau” pour ce qui est de l’aspect déraisonnable, auto-destructeur etc, et à l’exacerbation de tout ce qui est proprement humain avec cette formidable formule tellement évidente pour quiconque apprécie suivre des courses cyclistes : “au début de la montée ils sont 40, puis 30, 20, 10… et 2… comme une satisfaction de désirs ancrés en l’homme. D’autre part il a une vision bien critique de tout ce qui tourne autour du dopage et de l’hypocrisie ambiante, avec une espèce de pureté sportive revendiquée dans un domaine où la tricherie a toujours existé, tandis que le système anti-dopage est utilisé en faveur de certains contre d’autres… Bref, plutôt que de répéter le contenu, j’encourage vivement à voir ce Carnet filmé, qui permet de suivre un entretien avec un passionné de vélo transmettant sa flamme et sa vision, aux côtés d’un non moins passionné…

(Citylightscinema, 5 juillet 2012).



UN GRAND RÉFRACTAIRE

Si vous vous posez des questions sur la grandeur du cyclisme, je vous invite à regarder trois films que je vous présente alors que les médias institutionnels crachent une nouvelle fois sur Lance Armstrong. Ils n’ont d’yeux que pour Neil Armstrong. Pas moi. Des candidats pour être le premier à marcher sur la lune, il y en avait des millions. Remporter un Tour de France, c’est autrement plus difficile et Lance Armstrong, lui, en a gagné sept ! Était-ce lui ou non sur le vélo ? Si on met les Tours à la suite, cela fait disons 7 mois à gérer pour conserver la tête. Et de surcroît, il faut rajouter tous les entraînements, les préparations, les privations...

Le voyage dans la lune de Neil Armstrong ne m’a jamais fait rêver une seconde. C’est même un cauchemar de savoir que les hommes sont allés sur la lune.

Connaissez-vous Gérard Courant ?

C’est l’un des cinéastes les plus intéressants de notre époque. Un ton unique. Une bouffée d’air frais. Une enfance éternelle.

Gérard Courant a inventé le Cinématon, entre autres trouvailles cinématographiques.

C’est le dépositaire du cinématographe intelligent, héritier des frères Lumière, de Méliès, de Keaton, de Bresson, de Tati, de Godard, de Rouch, d’Eustache, de Cassavetes, de Rozier, d’Étaix...

Au niveau du documentaire, c’est un puriste absolu. Un Georges Perec de l’image.

Il propose un rythme interdit à la télé depuis la mort de Denise Glaser : celui du temps qui passe.

En marge du Cinéma, Gérard Courant est un amateur éclairé du cyclisme.

Un vrai régal. Son nom pourrait être Gérard Pédalant.

Dans les trois films ci-dessous, on le retrouve tel qu’en lui-même : sidérant de compétence et de naturel dans le premier film (Velo Love). Dans le deuxième (Janine Anquetil, la Dame blonde), il a filmé la merveilleuse Janine Anquetil, femme d’exception. Dans le troisième (Olivier Dazat ou l’amour du vélo), il a posé la caméra au ras du visage d’Olivier Dazat, autre grand réfractaire indispensable.

(Bernard Morlino, Blog de Morlino, 27 août 2012).



OLIVIER DAZAT CAPTIVE SANS JAMAIS LASSER

50 minutes de pur bonheur ! Olivier Dazat est un conteur-né, intarissable sur un sujet - l'histoire du cyclisme - qu'il maîtrise comme personne ! Il captive sans jamais lasser. Ses analyses sont d'une pertinence rare. Ajoutez qu'Olivier Dazat est la plus belle plume de la littérature cycliste française et il faudra bien admettre que le vélo et ses champions disposent avec ce génie d'un chantre dont le talent n'a d'égal que la passion qu'il leur voue !

(Jean-Pierre Marcuola, YouTube, 2 novembre 2013).



OLIVIER DAZAT DIT AVEC JUSTESSE QUE LE VÉLO N'A JAMAIS ÉTÉ PUR

Ancien coureur amateur, connaisseur et passionné de vélo depuis plus de 40 ans, je suis lucide sur les conditions de la performance cycliste. Dazat se laisse emporter par la geste des champions et l'absence de recul par rapport au fait social que constitue le cyclisme. L'autorisation du dopage pour laquelle Dazat plaide, met à terre le socle de valeurs des valeurs du sport, détruites par un système libéral qui ne respecte que le tiroir-caisse. Le cyclisme serait donc, hors-sol et les coureurs n'auraient aucun compte à rendre à personne. Cela me fait penser au fonctionnement de l'église catholique qui n'accepte que contrainte et forcée la justice des hommes. Le sport n'est que la métaphore d'une société, ou les individus comme les sportifs ne sont que des produits, jetables dès lors qu'ils ne servent plus à créer de la valeur. L'image de surhommes au-dessus du lot commun est fausse et au final, destructrice, car sans éthique, il n'est possible de pérenniser aucun aspect de la société. Il n'est que de lire les commentaires de l'Équipe sur le cyclisme pour comprendre que la confiance est rompue. Les commentateurs se frottent les yeux en voyant l'équipe SKY et Christopher Froome, inexistant il y a 3 ans, utiliser les mêmes potions illégales, quelques mois à peine après l'affaire Armstrong. Le cyclisme a vécu. Hélas! Seuls les marchands de rêve et les naïfs affirment le contraire.

Cela dit, Olivier Dazat retrace avec une érudition inspirée, tout ce qui fait l'histoire du cyclisme. Il dit avec justesse que le vélo n'a jamais été pur...

(André Nino, YouTube, 10 juin 2014)



 


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