image du film.VAGUES BARBARES (CARNET FILMÉ : 25 décembre 2006 au 21 janvier 2007)

Année : 2007. Durée : 51'

Fiche technique :
Réalisation, montage, concept, son : Gérard Courant.
Interprétation : Dominique Laudijois, Pierre Laudijois, la chienne Érika.
Production : Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique, La Fondation Gérard Courant.
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Tournage : 25 décembre 2006 au 21 janvier 2007 à Dijon (France), Sombernon (France), Olonne-sur-mer (France), Brem-sur-mer (France), Les Sables d’Olonne (France), Brétignolles-sur-mer (France), Montreuil-sous-bois (France).
Format : Vidéo Mini-DV.
Cadre : 4/3.
Procédé : Couleur.
Collections publiques :
BNF (Bibliothèque Nationale de France), Paris (France).
Cinémathèque de Bourgogne-Jean Douchet, Dijon (France).
Première présentation publique : 14 avril 2011, Gulf Film Festival, Dubaï (Émirats Arabes Unis), 2011.
Principaux lieux de diffusion :
Gulf Film Festival, Dubaï (Émirats Arabes Unis) 2011.
Site YouTube, 2012.

Présentation >>>

Vagues barbares est l’épisode de mes Carnets filmés qui raconte la visite que je rends, chaque année en janvier à Olonne-sur-mer, à mes amis Pierre et Dominique Laudijois.

Le film débute par une séquence brumeuse et grise à Dijon, ville où j’ai vécu une grande partie de mon enfance et de mon adolescence, puis continue dans un déferlement de lumière et de givre à Sombernon, dans ce village que les habitués de la région qualifient de Sibérie côte d’orienne.

Enfin, la plus grande partie de Vagues barbares se déroule sur les plages d’Olonne-sur-mer, balayées par un vent violent et en présence d’une mer forte que baigne une lumière cotonneuse et douce.

(Gérard Courant).

From Dijon to Olonne-sur-Mer : facing violent winds, a furious ocean under a cottony winter light.

(G. C.)

Critique >>>

Pour ce qui est de Vagues Barbares, tentons d'écrire les réflexions que sa vision m'inspire...

Ton approche des "carnets filmés" est très différente de ce qu'on entend généralement par "journal filmé".

Classiquement — si l'on peut dire, dans la mesure où le genre "journal filmé" serait à ranger dans les genres "classiques" — le journal filmé est plutôt narratif et il joue souvent sur le double registre de l'émotion et de la nostalgie. La meilleure (?) preuve que j'en donnerais, c'est Réminiscence d'un voyage en Lithuanie de Jonas Mekas, premier film de lui que j'ai découvert au début des années 80 (et peut-être ma première découverte d'un journal filmé), et qui a été pour moi une révélation. Les images "flash" captées au vol, les vues des retrouvailles avec sa mère, dans une contexte à la fois très pauvre et magnifiquement bucolique, transmettent l'idée (fausse, certainement...) qu'il revient ici vers un paradis perdu, qu'il va devoir d'ailleurs quitter assez vite. Il ne conservera de ces instants magiques que des images fugitives, tremblées, comme des séquences de rêve impossibles à retenir. Et nous rêvons et pleurons avec lui.

Chez toi, les plans sont (volontiers) très longs, hypnotiques, d'une durée d'ailleurs très étudiée, semble-t-il. Le tempo de ces plans est lui aussi particulier, car on remarque que certains ont été ralentis, d'autres peut-être accélérés, ce qui fait dire que tu es particulièrement attentif à cette musique visuelle et temporelle des images captées sur le vif.

Contrairement à la plupart des "ciné-diaristes", tu ne filmes pas ici (je n'ai pas vu tous tes carnets filmés !) les moments forts de ta vie, mais plutôt des moments de vide, de vacance, de béance. Et, curieusement, malgré le "vide" de ces moments choisis, il se passe toujours quelque chose à l'image (ou au son !). On reconnaît bien là chez toi une obsession fondamentale, qui fait des Cinématons une œuvre si passionnante, parce qu'il ne s'y passe presque rien, sauf justement ces micro-événements qui prennent dans les portraits une importance capitale. Tu sais attirer notre attention sur les moments presque nuls de la vie. Mais c'est le presque qui en fait tout le sel, car tu sais nous rappeler qu'aucun moment de la vie ne saurait être nul !

(Pierre Laudijois, 10 février 2010).

 


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