image du film.JE MEURS DE SOIF, J'ÉTOUFFE, JE NE PUIS CRIER

Année : 1979. Durée : 1 H 07'

Fiche technique :
Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant.
Son : Patrick Genet.
Interprétation : Marie-Noëlle Kauffmann, Gina Lola Benzina, F.J. Ossang, Philippe Garrel, Tessa Volkine.
Musique : Franz Liszt, Richard Strauss, Camille Saint-Saëns, Delendapolis.
Chansons : Marilyn Monroe.
Trucages, générique : Olivier Esmein.
Laboratoire : Pragmafillm.
Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant.
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Tournage : mars à juillet 1979 à Paris (France), Perpignan (France), Resson (France), Cannes (France), Antibes (France), Alpes du Sud (France).
Format : 16 mm.
Pellicule : Kodachrome.
Procédé : Couleur.
Cadre : 1,33.
Collection publique :
Cinémathèque de Bourgogne-Jean Douchet, Dijon (France).
Première projection publique :
Version en cours : 22 mai 1979, Festival de Cannes (France), section Ciné-Off.
Version définitive : 1er septembre 1979, Mostra de Venise (Italie), section Spazio Aperto.
Principales manifestations :
Festival International du Fim, Cannes (France), 1979.
Mostra, Venise (Italie), 1979.
Rencontres des Jeunes Auteurs, Belfort (France), 1979.
Cinémathèque Française, Paris (France) 1979 (juin), 1979 (décembre), 1991.
Rencontres Cinéma en marge à la Porte de la Suisse, Paris (France), 1980.
Ciné-club Saint Charles, Paris (France), 1981.
Galerie de l’Ouvertür, Paris (France), 1981.
Centre Cultuel de l’Abbaye, Paris (France), 1983.
Atelier de Recherche Esthétique, Caen (France), 1983.
Théâtre de Poche, Bienne (Suisse), 1983.
Studio Molière, Vienne (Autriche), 1984.
Cinémathèque Québecoise, Montréal (Canada), 1986.
Cinéma Studio 43, Paris (France), 1986.
Semaine du Cinéma Expérimental, Madrid (Espagne), 1991.
Festival Une certaine idée de la contre-culture, Gennevilliers (France), 2008.
Microscope Gallery, New York (U.S.A.), 2010.
Site YouTube, 2012.
Site Dailymotion, 2014.

Présentation >>>

C'est l'histoire
D'une recherche.
Celle d'une femme
A la poursuite de sa propre identité.
La femme : Marie-Noëlle Kauffmann,
S'aventure
Dans le monde de la représentation,
Rencontre quatre personnages
Qui, chacun, à leur manière,
Lui délivrent une clé
Pour traverser
Les cinq séquences-initiations du film
Qui sont autant de repères-palliers
Qu'il lui faut absolument franchir
Pour posséder une réponse
A la question :
Le cinéma
Peut-il permettre de retrouver
Un équilibre perdu ?

(Gérard Courant)

Critique >>>

UN CINÉMA DU PLUS PUR PLAISIR DES SENS

Gérard Courant est l’un des ténors de l’art marginalo-d’avant-garde-expérimental français. Foisonnante, multiple, son oeuvre plonge ses radicules dans les mythologies d’Hollywood. Une façon très personnelle de renouer avec un cinéma du rêve, de la naïveté, du pur plaisir des sens. Jonglant avec les conventions du langage cinématographique, l’auteur cherche à capter les instants insaisissables de la vie où se révèle soudain la vérité d’un être.

(Michel Egger, L’Hebdo (Suisse), n ° 11, 17 mars 1983)



DES INSTANTS D'ÉMOTION

Gérard Courant a organisé son dernier film autour de Marie-Noëlle Kauffmann, dont il saisit les instants d’émotions, de joies mais aussi ces moments « entre parenthèses » où il ne semble rien se passer.

(Prosper Hillairet, Paris Hebdo, 1983)



SOMPTUEUX

Le somptueux film de Gérard Courant, Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier...

(Jacques Déniel, 2008)



COMMENT OUBLIER MARIE-NOELLE KAUFFMANN ?

Le 6 juin par exemple sera projeté Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier..., que Gérard Courant réalisa en 1979, avec Marie-Noëlle Kauffmann [dont nous avons douloureusement perdu la trace depuis son départ de Bruxelles il y a dix-sept ans. Comment l'oublier ? Un petit mot nous toucherait beaucoup.], F.J. Ossang, Gina Lola Benzina et Philippe Garrel. Un film un peu perdu de vue que Courant montra à l'époque à Cannes, Venise et Belfort mais dont les télés, les connes, ne veulent pas.

(Charles Tatum Jr, 6 juin 2008)



UNE FÊLURE, UNE INQUIÉTUDE, UNE FRAGILITÉ

Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier... est un hymne à Marie-Noëlle Kauffmann, en désir de Marie, mère du Christ. Courant est à la recherche d'une grâce et choisit celle dont le prénom est celui de la Vierge associé au jour où naît son fils. Il la choisit bien, parce que Marie-Noëlle est belle et il la filme bien parce qu'il l'adore.

Mais l'icône révèle, parce que Courant la filme trop bien, la fragilité, l'inquiétude, la fêlure. Et cette Madone qu'on s'apprêtait à servir, on a soudain envie de la consoler, inversant le principe d'adoration.

Courant ne fut pas dupe. Il a placé la chanson River of no return en illustration sonore d'une Marie-Noëlle bucolique. One way ticket. Tout s'éclaire : le titre du film n'est pas dit par le réalisateur, mais par son interprète.

(Alain Paucard, 2009)



UN INDÉFRICHABLE MYSTÈRE

J'ai visionné Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier... que je ne connaissais pas et que je trouve très intéressant. Dans ce film, d'ailleurs, s'affiche (semble-t-il) déjà le principe du Cinématon ... Même si au dos de la jaquette figure un résumé, les personnages filmés recevant nos propres "projections" font évidemment ouvrir tous "les possibles"... Quelque chose me rapproche du cadre de plusieurs de tes démarches cinématographiques : c'est la présence forte de la montagne, mais aussi de son indéchiffrable mystère qui est peut-être le réceptacle parfait de notre propre énigme. Quant à la question "le cinéma peut-il permettre de retrouver un équilibre perdu ?" je réponds oui à condition de sans cesse le repenser comme nous nous repensons sans cesse ! Mais il peut être aussi un piège redoutable par son ambivalence toute comme la montagne peut perdre ses montagnards !

(Philippe Leclert, 2009)



UN FILM INCROYABLE

Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier... est vraiment incroyable.

(Arnaud Haillet, 5 mars 2010)



VISAGES

Je poursuis avec toujours autant d’intérêt ma découverte de l’œuvre foisonnante et protéiforme de Gérard Courant. Avec son titre rimbaldien, Je meurs de soif, j’étouffe, je ne puis crier… s’inscrit dans la droite ligne des premières œuvres du cinéaste (Cœur bleu, Aditya…), à savoir des « portraits de femmes » muets tournés en Super 8. Avant Gina Lola Benzina (dans Cœur bleu) et Martine Elzingre (Aditya), c’est Marie-Noëlle Kauffmann qui endosse ici le rôle de la muse de Courant.

Film de visages, Je meurs de soif… est également très marqué par les premières œuvres de Garrel qui apparaît ici comme acteur. Même s’il est présenté comme la quête d’une femme à la recherche de sa propre identité, le film rompt avec toute dramaturgie traditionnelle et il n’y aura ici pas le moindre embryon de récit. Nous sommes dans le cadre d’un cinéma de « poésie », parfois un brin austère (j’avoue que la séquence du concert de F.J.Ossang, devenu également cinéaste, m’a semblé un tantinet longuette) mais aussi fascinant dans cette façon qu’a le cinéaste d’envisager son art comme quelque chose de « primitif » et consistant, en premier lieu, en un réflexe d’enregistrement et de conservation du Réel.

Ce geste donne lieu à diverses déclinaisons : d’une part, un art souverain du portrait qui ne se limite pas aux fameux Cinématons. Il est d’ailleurs amusant de voir comment les œuvres de Courant se répondent et comment elles « renaissent » sous des formes hybrides. Il est frappant, par exemple, de constater que Je meurs de soif, j’étouffe, je ne puis crier… (que le cinéaste a, entre parenthèses, également « compressé ») intègre le Cinématon de Marie-Noëlle Kauffmann (qui macule son visage d’une trace rouge –sang ? maquillage ?- en passant sa main sous son œil) ; Cinématon d’ailleurs magnifique, baignant dans une lumière irréelle faisant ressortir à merveille le regard si bleu de la comédienne. Le film peut donc se regarder comme une sorte de prolongation de ce court portrait. Il est d’ailleurs, d’après moi, plus fort lorsqu’il se concentre sur les visages de ses comédiennes que lorsqu’il dessine des portraits de groupe où l’attention se perd un peu.

D’autre part, l’idée de portrait chez Courant rime souvent avec autoportrait et sans connaître la nature des liens unissant le cinéaste et ses cinq acteurs, on peut supposer qu’il y a là une communauté d’esprit qu’il cherche à saisir sur le vif. Une fois de plus, le cinéma est là pour sceller quelque chose de cette « intimité » (amour ? amitié ?) entre les êtres et conserver sur pellicule ce que le temps ne manquera pas de défaire...

Et si le cinéma était d’ailleurs le vrai sujet de Je meurs de soif, j’étouffe, je ne puis crier… ? De manière récurrente, Gérard Courant place une photo de Marilyn Monroe et la bande son nous permet d’entendre River of no return, renforçant la tonalité mélancolique d’une œuvre dont la quête perpétuelle est celle de la beauté et de son caractère éphémère.

Même si c’est dans des conditions radicalement opposées (le film d’avant-garde contre le film hollywoodien), Gérard Courant cherche à fixer pour l’éternité le mystère du visage de Marie-Noëlle Kauffmann comme Preminger tentait de percer le mystère Marilyn dans son film…

(Dr Orlof, Blog du Docteur Orlof, 13/03/2010)



FILM SHOT CONTRABAND

Unlike photography, cinema has a ‘blind area’ that lies out of the frame, a slide erasing the characteristic of photography that Barthes would call ‘power of sight’. By violating the rules of classic narrative cinema, the work of Gérard Courant focuses on using that ‘blind area’ in order to increase the level of noticing, operating in a way that is more photographic than photography itself. For this purpose, he uses many techniques related to live recording, especially improvisation: "film shot contraband" and "improvised film" are the descriptions that better represent the works I’m Dying of Thirst, choking, I can not cry out and She’s a Very Nice Lady (1982).


(Michel Larouche, 1986)



MARIE-NOËLLE KAUFFMANN EST BELLE À PLEURER

Marie-Noelle Kauffmann est belle à pleurer.
 Beaucoup plus belle, à maints égards, que cette grande gigue de Jane Russell (qui chantait faux).
 Quel dommage qu'elle ait tourné le dos aux caméras, et qu'elle soit sortie de nos vies. 
Mais que fait Gérard Courant ?

(Charles Tatum Jr, Le Blog du Docteur Orlof, 1er mars 2011)



JE MEURS DE SOIF NOUS RENVOIE AU CINÉMA MUET

À travers Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier..., Gérard Courant semble se (nous) poser la question suivante : à partir de quand une image animée devient du cinéma ? Pour tenter d'y répondre, il part à peu près du même point que pour ses Cinématons. Il convoque cinq modèles (Marie-Noëlle Kaufmann, Gina Lola Benzima, Tessa Volkine, F.J. Ossang et Philippe Garrel) et les laisse improviser ou simplement prendre la pose dans divers endroits, seuls ou en groupe.

L'unité rythmique de la série de séquences obtenues ne semble trouvée qu'à l'aide de la bande son, exclusivement de nature musicale. C'est elle qui donne le mieux le sentiment de la possibilité d'un récit et d'un sens. La musique, entendue sur de très longues plages, est de trois sortes : classique, électronique et punk. Le film démontre toute l'importance qu'elle peut avoir dès qu'elle est plaquée sur des images, toutes les variations qu'elle peut apporter. Plus elle est contemporaine, plus elle tire vers le réel, le document (comme ici lors d'un concert du groupe de F.J. Ossang). A cette actualité et ce côté brut s'oppose le lyrisme de l'opéra. Une distance se crée et ce recul permet l'installation d'un récit d'une part et de l'intemporalité d'autre part. Accompagnant une prise de vue, un portrait en mouvement, la musique apporte un surcroît d’émotion. Ici, elle magnifie en premier lieu les plans consacrés à Marie-Noëlle Kaufmann, figure des plus cinégéniques. Ne rien faire d’autre qu'être là, bouger à peine, mais avec l’assurance de capter le regard…

Comme beaucoup de travaux de Gérard Courant, celui-ci nous renvoie à l’histoire ancienne du cinéma, au muet accompagné de musique, et au temps des mythes Garbo, Dietrich ou Monroe, dont les visages apparaissent plusieurs fois sur l’écran. Toutefois, les liens existant entre les images assemblées restent obscurs et, à mon goût personnel, trop lâches.

(Édouard Sivière, Le Blog Nightswimming, 16 décembre 2011)



CE TITRE GARDE AUX SECRETS CE QUE LE TEMPS M'A EMPORTÉ

Moi.......... 23 ans...........

La minute 30 07 où on voit mes beaux souliers est tournée sur les anciens quais de Bercy, nous avions traversé les voies. Sinon, je parle beaucoup minute 10 24........... heureusement c'est muet...... et je m'ennuie quelque peu minute 25 46 en compagnie de Philippe Garrel, festival de Digne, où nous avions vu tous les films avec Nico. À souligner : mes talents aux tricots sur le pull emprunté par Marie-Noëlle ! Souvenirs souvenirs...... J'ai toujours aimé ce titre...... Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier.... il évoque, évoque...et garde aux secrets ce que le temps m'a emporté........ Catastrophique l'attitude de F.J. (N.B. : Ossng) incapable de me témoigner quelque délicatesse ............ Ouf ! je me suis bien sauvée !

(Lydie Canga (alias Gina Lola Benzina), Facebook, 17 juillet 2014)









 


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