image du film.UN ÉTÉ AMOUREUX (CARNET FILMÉ : 8 août 2004 au 17 septembre 2004)

Année : 2004. Durée : 1 H 01'

Fiche technique :
Réalisation, concept, image, son, montage : Gérard Courant.
Production : Gérard Courant, Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique.
Interprétation : Barbara Peon Solis, Edwina de Alva, Jean-Louis Blanc, Bertrand Cousteau, Annette Coutret, Jean-Michel Douté, Carmen Garibay, Alberto Jonquière, Georges Londeix, Rocio Ojeda, Alice Perrin, Catherine Sachet, Tania, Bruno Texier, Jean-Claude Zullo.
Tournage : 8 août 2004 au 17 septembre 2004 à Paris (France), Pourville-sur-Mer (France), Varengeville-sur-Mer (France), Dieppe (France), Lyon (France).
Format : Vidéo Mini-DV.
Cadre : 1,33.
Procédé : Couleur.
Collection publique : BNF (Bibliothèque Nationale de France), Paris (France).

Présentation >>>

Depuis les précédents épisodes des Carnets filmés de Gérard Courant – Marsiho (Journal du FID 2004), Lisa et Rose-Anaël et Causerie d’un Martien en exil à Lyon – la vie du cinéaste a subi un changement notable : sa rencontre avec la photographe Barbara Peon Solis dont ce nouvel opus – Un été amoureux – est un portrait tendre et coloré.

Nous retrouvons dans cet épisode l’atmosphère calfeutrée et méditative d’une existence vouée au cinéma. Ainsi, les richesses de l’observation (la plage de Pourville-sur-Mer, le cimetière marin, l’église Saint Valery et le bois des Moutiers de Varengeville-sur-Mer) se trouvent explorées de mille façons.

On notera également l’intérêt, chez Gérard Courant, de filmer des petits riens anodins ou invisibles dans la vie courante, mais qui prennent, devant sa caméra, un sens inédit et une beauté nouvelle.

Critique >>>

L'IMPOSSIBILITÉ DE FILMER LA VÉRITÉ D'UN AMOUR

Il faudrait commencer par dire que les Carnet filmés de Gérard Courant sont comme le bon vin : il faut les faire vieillir un peu pour en savourer tout l’arôme. Infatigable archiviste du temps présent, le cinéaste œuvre sans aucun doute pour la postérité (tant pis si le mot est un peu pompeux) et si une vision trop rapide de certains carnets récents pourrait nous faire songer à de banals films amateurs, la découverte des plus anciens prouvent déjà à quel point ces images n’ont pas de prix.

Il faudrait continuer des heures pour dire les trésors que recèlent ces Carnets filmés mais je me contenterai de terminer par quelques mots sur Un été amoureux.

Si Délices lointains est le journal de l’année 2004, Un été amoureux en est une sorte de parenthèse amoureuse au cours de l’été de cette même année. Si le film apparaît comme un peu moins séduisant, c’est d’abord parce que le format Super 8 laisse place ici à l’image plus froide et « hyperréaliste » de la mini-DV. Ensuite, parce que Courant ne semble pas réellement traiter le sujet énoncé par le titre (son histoire d’amour avec la belle photographe Barbara Peón Solis) et à tendance à biaiser du côté de plans plus contemplatifs qui paraissent même parfois un poil anecdotiques.

Pourquoi le film nous intéresse-t-il quand même ? Peut-être parce qu’il interroge en creux les limites de l’entreprise de Courant, à savoir est-il possible de tout filmer de sa vie au risque de ne plus la vivre (c’est d’ailleurs cette idée que Joseph Morder mettait malicieusement en scène dans l’excellent Romamor où le couple qu’il formait avec Françoise Michaud se délitait dans la mesure où la relation n'était pas vécue mais filmée) ?

Il y a de très beaux plans de Barbara Péon-Solis dans Un été amoureux, lorsque le cinéaste laisse transparaître sa fascination pour son corps filmé comme autant de blasons, mais on a toujours le sentiment qu’il reste un peu à la périphérie de son sujet. Symptôme éclatant : alors qu’il bénéficie ici du son (les quatre carnets précédents, en Super 8, sont muets même si la musique y occupe une place essentielle), le film est quasiment silencieux et on n’entend pratiquement jamais le son de la voix de la photographe.

Peut-être parce que le cinéaste réalise ici (c’est une supposition) qu’il est impossible de filmer la vérité d’un amour et de l’intimité. Il l’a pourtant fait avec le superbe Amours décolorées (l’un de mes films préférés dans son œuvre) mais il lui a fallu plus de 10 ans pour le terminer.

Peut-être aussi, et j’en reviens à ce que je disais au début de cette note, le film est encore trop « récent » et que c’est avec le temps que ces vacances paisibles et silencieuses se révèleront plus mélancoliques que ce que nous avions cru…

(Docteur Orlof, Le Blog du Docteur Orlof, 4 février 2011)

 


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