image du film.COMPRESSION OUTRE TOMBE DE ALEXANDRE MATHIS

Année : 2018. Durée : 17' 28''

Fiche technique :
Réalisation, conception, montage : Gérard Courant (à partir de : Outre Tombe de Alexandre Mathis).
Production : Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique, La Fondation Gérard Courant.
Diffusion : Les Amis de Cinématon.
Fabrication : Décembre 2018 à Montreuil-sous-Bois (France).
Format : Cadre : 1,78.
Procédé : Couleur.
Année : 2018.
Durée : 17' 28''.
Collection publique : BNF (Bibliothèque nationale de France), Paris (France).

Présentation >>>

Compression Outre Tombe de Alexandre Mathis est la réduction de 25 fois sa durée de Outre Tombe, le film que Alexandre Mathis a tourné en 2018 avec Pamela Stanford d’une durée de 7 heures en un film de 17 minute 28 secondes. Le film est « compressé » à la manière d’une œuvre de César. Mais à la différence du travail de cet artiste qui compressait des objets usuels, Compression Outre Tombe de Alexandre Mathis compresse une œuvre d’art !

Le tour de force et le pari de Compression Outre Tombe de Alexandre Mathis a été de fabriquer une compression totale : dans ce film, il ne manque pas un seul plan du film original !

Critique >>>

GÉRARD COURANT NE S'INTÉRESSE PLUS À L'ARTISTE MAIS À L'OEUVRE

Dans la série des Compressions, initiée en 1995, Gérard Courant ne s’intéresse plus à l’artiste mais à l’œuvre, qui devient un objet et un signe culturel au même titre que les produits de la société de consommation compressés par les Nouveaux Réalistes. Avec le sentiment d’appartenir à une cinéphilie en train de disparaître, qui a découvert le cinéma dans les années 1960 avant que ne déferle le flot d’images et de médias, quand il était encore possible d’en avoir une vision synthétique, il entend revisiter les classiques sous forme de digests, condensés, réduits, mais sans qu’il ne manque un seul plan.

Commencée en 1965 par Alphaville de Jean-Luc Godard, créé trente ans plus tôt, la série des Compressions se poursuit. (…) En isolant et en montrant bout à bout une image par seconde de film, Gérard Courant livre une compression de procédé rationnel et systématique, à contre-courant de la perception subjective du film par le spectateur, de « l’expérience esthétique ». La réduction (…) éloigne l’œuvre de la forme sous laquelle elle persiste dans les mémoires individuelle et collective, qui tendent à isoler quelques images iconiques comme autant de vignettes métonymiques (…) et à dilater la durée de certains passages pour en condenser d’autres. Mettant en évidence la structure de l’œuvre initiale, la compression, dépouillée de tout affect, la donne à voir autrement.

(Judith Revault d’Allonnes, catalogue Chefs-d’œuvre ?, Centre Pompidou-Metz, mai 2010)



GÉRARD COURANT RÉINTERPRÈTE LE CINÉMA

« La réduction éloigne l’œuvre de la forme sous laquelle elle persiste dans les mémoires individuelles et collectives ». Le spectateur est ainsi plongé dans une expérience – nouvelle – esthétique. C’est de cette expérience que le spectateur peut ainsi se réapproprier l’œuvre et l’appréhender d’une autre manière que la forme initiale qui est ancrée dans la mémoire. Gérard Courant glisse vers une esthétique du déplacement, il recycle, il déplace, il réinterprète le cinéma et repense ainsi le rapport au monde à travers l’art. L’action de l’art constituerait à glisser d’une réalité à une autre, il semblerait que chez Gérard Courant il s’agisse d’avantage de déplacer une réalité au travers d’un médium spécifique, en l’occurrence ici le cinéma. « Le monde réel » est semble-t-il, chez le cinéaste, le point de départ de toutes ses œuvres, il soustrait la forme de l’espace du « monde réel » pour la disposer dans un espace différent, un espace en modulation.

(Estelle Pajot, L’oeuvre filmée de Gérard Courant, Université de Bourgogne, UFR Sciences Humaines et Sociales, Département Histoire de l’Art et Archéologie, sous la direction de Isabelle Marinone, 2014)



CETTE COMPRESSION RETRACE FIDÈLEMENT LE FILM

Effectivement il faut avoir vu le film auparavant mais je trouve que cette compression le retrace fidèlement tout en l'orientant vers ses points principaux : la lumière (le feu, les tournesols, le ciel, la blondeur de Pamela Stanford, le rouge de la voiture...) les animaux et bien évidemment le temps, le passé, la mémoire que cet accéléré ne fait qu'accentuer paradoxalement.

(Renan Bourgeat, blog Alexandre H Mathis romans et films, 22 janvier 2020)



 


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