image du film.VENT-PIRE

Année : 1970. Durée : 3' 20''

Fiche technique :
Réalisation, caméra, montage : Gérard Courant.
Interprétation : Daniel Petit (le vampire), Jean-Paul Camp (la victime), Claude Guillemin, Christian Clément, Pascal Outhier.
Production : Gérard Courant, Daniel Petit.
Tournage : 12 novembre 1970 à Plombières-les-Dijon (France).
Format : Cinéma Super 8.
Cadre : 1,33.
Procédé : Couleur. Film Muet inédit.

Présentation >>>

Un groupe de jeunes musiciens folk, qui joue dans une forêt bourguignonne sombre et inquiétante, est attaqué par un vampire inexpérimenté. Mais l'affaire se passe mal pour le vampire qui est ensuite pourchassé par le groupe de jeunes.

Critique >>>

PENDANT QU'UN CERTAIN CHARLES DE GAULLE...

Le 12 novembre 1970, jour des funérailles nationales d’un certain Charles de Gaulle qui s’en allait visiter le royaume des morts, je réalisais Vent-pire, mon premier film, à quelques kilomètres de Dijon où, alors j’habitais, dans la pittoresque forêt de Pasques, très connue des cyclosportifs de la région. Avec le recul, je peux maintenant affirmer, sans aucune vanité, que cet accouchement était plus important que cette disparition. Car, depuis, d’autres présidents de la République ont conduit la France, tandis qu’on n’est pas prêt à revoir un cinéaste hyper-hollywoodien professionnel aussi prolifique !

Revenons quelques instants près un demi-siècle en arrière.

Voici donc ce jour d’automne 1970, gris et froid, an I de ma saga cinématographique. J’ai réuni mes plus fidèles camarades du lycée Les Arcades de Dijon pour mettre en scène un pastiche de film de vampire dans lequel – déjà ! – je suis à la fois cameraman et réalisateur. Mes compagnons de pellicule, aux noms qui sonnent bien la province française, s’appellent : Daniel Petit, dit La Mouche, heureux propriétaire de notre caméra Super 8 mm, Claude Guillemin, Jean-Paul Camp, Pascal Outhier et Christian Clément.

Le tournage se passe sans problème, sans angoisse particulière, la dizaine de plans composant le « petit film » sont bouclés dans la journée même. Le mythe du vampire triomphant suceur de sang est inversé : ici, le vampire est une victime pourchassée par une bande de jeunes. Il demeure, toutefois, un moment croustillant de ce jour mémorable quand, nos pitreries sanguinolentes à peine terminées, à l’entrée de Dijon, nous sommes appréhendés, puis nos identités sont contrôlées, par deux gendarmes hargneux – gaullistes, à n’en pas douter – outrés de notre insolence et de notre euphorie un jour de deuil national ignorant, les braves cognes, qu’ils s’étaient trompés d’Histoire.

Bien entendu, Vent-pire ne circula – c’est une façon de parler – qu’en vase clos et il ne fut jamais question de le divulguer à quiconque d’extérieur à notre joyeuse bande. Le film existait – matériellement, virtuellement – sans connaître une véritable existence qui aurait été légitimée par des projections publiques. Bref, c’était un film-fantôme. Cette galopade était simplement une sorte d’échauffement avant de se lancer dans la carrière de cinéaste hyper-hollywoodien professionnel.











 


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